Viol sur les mineurs : le Barreau du Cameroun créé une cellule spéciale d’assistance aux victimes
Face à la multiplication des cas de violences sexuelles sur mineurs au Cameroun, le Barreau du Cameroun hausse le ton. Dans un communiqué signé par le Bâtonnier Mbah Éric, l’institution annonce la création d’une cellule spéciale dédiée à l’accompagnement juridique des victimes de viols sur mineurs et de leurs familles
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une série d’affaires choquantes relayées ces dernières semaines à travers le pays. Le Barreau dénonce une recrudescence « inquiétante » des crimes sexuels visant des enfants, parfois commis par des personnes censées assurer leur encadrement et leur protection.
La cellule mise en place sera chargée de contacter les familles concernées, de les assister dans les démarches judiciaires et d’assurer le suivi des procédures devant les juridictions compétentes. Elle est composée de plusieurs avocats, notamment Maître Memong Philippe Olivier, désigné président, et Maître Zangue Serges Martin, rapporteur.
Parmi les autres membres figurent Maître Mbuyah Gladys Fri, Maître Tchakounte Charlotte, Maître Nkongme Dorcas Mirette et Maître Njie Jude Mokom. Un numéro spécial a également été mis à disposition pour les victimes et leurs proches : 654 815 610.
Le Barreau cite plusieurs affaires récentes qui ont profondément choqué l’opinion publique. À Yaoundé, un enseignant, Sieur Materne Rameaux Abomo Ngono, est soupçonné d’avoir abusé d’une quinzaine d’enfants dans le quartier Meyo. Dans un autre quartier de la capitale, à Odza, une fillette de trois ans aurait été violée, provoquant des manifestations devant son école.
À Douala, une élève de 14 ans accuse également son enseignant de viol. À Bangangté, un homme a été violemment pris à partie par des populations après l’agression présumée d’une fillette de 10 ans. Dans la région du Nord-Ouest, un septuagénaire aurait tenté d’échapper à des poursuites judiciaires en proposant 30 000 F CFA à la famille d’une victime âgée de 14 ans.
Le souvenir du meurtre de la jeune Divine Mbarga Atangana, âgée de 11 ans et retrouvée morte après un viol en mars 2026, demeure également présent dans les esprits.
Dans son communiqué, le Barreau critique la légèreté de certaines procédures judiciaires ayant permis la remise en liberté rapide de présumés prédateurs sexuels. Il appelle les acteurs de la chaîne pénale à faire preuve de fermeté dans le traitement des dossiers liés aux violences sexuelles sur mineurs.
L’institution condamne par ailleurs les arrangements amiables conclus entre certaines familles et les auteurs présumés d’agressions sexuelles. Elle rappelle que l’intégrité physique et morale des enfants est « non négociable » et prévient que les parents impliqués dans de tels accords pourraient être considérés comme complices.
Enfin, le Barreau exhorte les ministères de l’Éducation de base et des Enseignements secondaires à renforcer les enquêtes de moralité lors du recrutement des enseignants, notamment dans les établissements privés. Il appelle également à une collaboration étroite avec les services des Affaires sociales afin d’intensifier les campagnes de sensibilisation
Roméo Bessalaet de protection des enfants

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